Commissaire aux comptes : seuils 2026, rôle et tarifs de l'audit légal
Le commissaire aux comptes (CAC) est le garant de la fiabilité des comptes d'une société. Longtemps obligatoire pour de nombreuses structures, sa nomination a été nettement allégée par la loi PACTE, puis par le relèvement des seuils en 2024. Résultat : la plupart des petites entreprises échappent désormais à cette obligation — mais celles qui y sont soumises doivent budgéter un poste conséquent. Ce guide fait le point sur les seuils en vigueur en 2026, la mission du CAC et les tarifs constatés de l'audit légal.
Qu'est-ce qu'un commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes est un professionnel indépendant, inscrit sur une liste officielle, chargé de l'audit légal : il certifie que les comptes annuels d'une société sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de sa situation. Sa mission se distingue radicalement de celle de l'expert-comptable : ce dernier établit les comptes, tandis que le CAC les contrôle. Pour garantir son objectivité, une même personne ne peut jamais cumuler les deux rôles au sein de la même entreprise. Le CAC engage sa responsabilité, alerte en cas d'irrégularité et joue un rôle de prévention des difficultés.
Les seuils de nomination en 2026
C'est la question centrale. Depuis les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2024, et donc en 2026, la nomination d'un commissaire aux comptes est obligatoire dès qu'une société dépasse deux des trois seuils suivants :
- 5 millions d'euros de total de bilan ;
- 10 millions d'euros de chiffre d'affaires hors taxes ;
- 50 salariés.
Ces montants, relevés par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024, sont sensiblement plus élevés que les anciens seuils issus de la loi PACTE. Ils s'appliquent de la même façon aux SAS, SARL, SA et autres sociétés commerciales. Conséquence directe : la très grande majorité des TPE, PME, indépendants et jeunes sociétés n'ont aucune obligation de nommer un CAC. Des cas particuliers subsistent (groupes de sociétés, structures contrôlant ou contrôlées par d'autres, demandes d'associés minoritaires), mais pour une activité individuelle ou une petite société, l'obligation ne s'applique pratiquement jamais.
Combien coûte un commissaire aux comptes ?
Depuis la loi PACTE, les honoraires sont libres et négociables (auparavant encadrés par un barème d'heures). Ils dépendent de la taille de l'entreprise, de la complexité des comptes et du volume d'heures nécessaire. Quelques repères pour 2026 :
- Mission ALPE (audit légal petite entreprise, sous les seuils, pour les sociétés qui choisissent volontairement un CAC) : comptez 3 500 à 10 000 € HT.
- PME dépassant les seuils : généralement 5 000 à 15 000 € HT par an.
- Petite PME (bilan inférieur à 3 M€, comptabilité externalisée) : souvent 3 000 à 12 000 € HT.
- Entités plus complexes (bilan de 3 à 20 M€) : de 12 000 à 35 000 € HT, selon le volume d'heures et le taux horaire du cabinet.
La nomination se fait pour un mandat de six exercices, ou de trois exercices dans le cadre de l'audit légal des petites entreprises. C'est donc un engagement de moyen terme, à intégrer dans le prévisionnel dès qu'une société approche les seuils.
Audit légal et audit contractuel : ne pas confondre
L'audit légal est imposé par la loi au-delà des seuils. Mais une société peut aussi décider, volontairement, de nommer un CAC pour rassurer des investisseurs, des banques ou des associés : c'est l'audit volontaire ou la mission ALPE. À ne pas confondre non plus avec l'audit contractuel, mission ponctuelle (audit d'acquisition, revue de comptes) qui n'entraîne pas de certification légale. Le choix d'un CAC volontaire envoie un signal de transparence, parfois décisif lors d'une levée de fonds.
Comment se nomme un commissaire aux comptes ?
Lorsqu'une société franchit les seuils, la nomination du CAC relève de l'assemblée des associés ou actionnaires, qui le désigne pour la durée de son mandat. Le commissaire choisi doit être inscrit sur la liste officielle et totalement indépendant de l'entreprise et de son expert-comptable. Une fois en place, il met en œuvre une démarche d'audit rigoureuse : prise de connaissance de l'activité, évaluation des risques, contrôle des procédures internes, vérification des écritures significatives, contrôle des stocks et des immobilisations, puis émission d'un rapport sur les comptes annuels. Au terme de ses travaux, il certifie les comptes sans réserve, avec réserve, ou refuse de les certifier — un signal fort pour les associés, les banques et les partenaires. Il a également une mission d'alerte : s'il détecte des faits compromettant la continuité d'exploitation, il doit en informer les dirigeants, voire le tribunal.
Pourquoi les seuils ont-ils été relevés ?
Le mouvement d'allègement n'est pas un hasard. La loi PACTE de 2019 avait déjà aligné les seuils français sur les standards européens pour libérer les petites entreprises d'une obligation jugée coûteuse et disproportionnée au regard de leur taille. Le décret de février 2024 a poursuivi cette logique en relevant encore les montants. L'idée directrice : réserver l'audit légal — exigeant et onéreux — aux structures dont la taille et l'impact économique le justifient réellement, tout en laissant aux plus petites la possibilité d'un audit volontaire si elles le souhaitent. Pour l'écrasante majorité des créateurs et des indépendants, cela se traduit par une simplification bienvenue et une économie de plusieurs milliers d'euros par an.
Les cas particuliers à connaître
Au-delà des trois seuils, certaines situations déclenchent tout de même l'obligation. C'est notamment le cas des groupes de sociétés : une société qui contrôle une ou plusieurs autres entités, ou qui est contrôlée, peut devoir nommer un CAC même en dessous de sa propre taille critique, dès lors que l'ensemble dépasse les seuils. De même, des associés minoritaires représentant une fraction du capital peuvent demander en justice la désignation d'un commissaire. Enfin, certaines formes ou activités réglementées imposent un CAC indépendamment des seuils. Si votre projet implique une holding, des filiales ou une structuration en groupe, mieux vaut vérifier ce point avec votre expert-comptable dès la conception du montage.
Et en portage salarial ? Vous n'êtes jamais concerné
Le raisonnement est ici très simple. En portage salarial, vous n'avez aucune société, donc aucun compte annuel à faire certifier : la question du commissaire aux comptes ne se pose tout bonnement jamais. C'est la société de portage qui porte la structure juridique, établit vos bulletins de salaire et gère ses propres obligations comptables et d'audit. Vous, vous êtes salarié : vous facturez via le porteur, percevez un salaire et n'avez ni bilan, ni liasse fiscale, ni audit légal à votre charge.
C'est un atout face aux statuts de société. Un dirigeant de SAS en forte croissance peut, en franchissant les seuils, devoir soudain assumer 5 000 à 15 000 € d'honoraires d'audit par an, en plus de son expert-comptable. En portage, cette charge n'existe pas : votre développement n'entraîne aucune obligation d'audit supplémentaire. Vous gardez un modèle simple et prévisible, quel que soit votre niveau de chiffre d'affaires, et vous concentrez votre énergie sur vos missions plutôt que sur des obligations comptables.
Questions fréquentes
Une SAS doit-elle obligatoirement avoir un commissaire aux comptes ?
Non, pas par principe. Une SAS doit nommer un CAC seulement si elle dépasse deux des trois seuils (5 M€ de bilan, 10 M€ de CA, 50 salariés) ou dans certains cas de liens entre sociétés. La plupart des SAS n'y sont pas soumises.
Quelle différence entre expert-comptable et commissaire aux comptes ?
L'expert-comptable établit et tient les comptes (mission de conseil et de production) ; le commissaire aux comptes les contrôle et les certifie (mission d'audit indépendant). Les deux fonctions ne peuvent être exercées par la même personne pour une même société.
Peut-on nommer un CAC volontairement ?
Oui. En dessous des seuils, une société peut choisir un CAC (souvent en mission ALPE, 3 500 à 10 000 € HT) pour crédibiliser ses comptes auprès d'investisseurs ou de partenaires.
Combien de temps dure le mandat d'un CAC ?
Six exercices pour l'audit légal classique, trois exercices pour la mission ALPE des petites entreprises.
Que risque une société qui devrait avoir un CAC et n'en nomme pas ?
L'absence de nomination obligatoire constitue une irrégularité grave : les délibérations peuvent être contestées et les dirigeants encourent des sanctions. Dès qu'une société approche les seuils (5 M€ de bilan, 10 M€ de CA, 50 salariés), il faut anticiper la désignation avec son expert-comptable pour rester en conformité.
Est-ce inclus en portage salarial ?
Non obligatoire sous certains seuils — non concerné en portage
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