Pourquoi calculer son TJM « à l’envers »
La plupart des consultants fixent leur taux journalier au feeling, ou en copiant celui d’un confrère. C’est la meilleure façon de se sous-vendre. La bonne méthode est inverse : on part du net que l’on veut gagner, et on reconstitue le prix de vente nécessaire pour y arriver. C’est exactement ce que fait ce simulateur. Vous saisissez votre objectif de salaire, vos jours facturables et les frais de gestion, et vous obtenez le TJM plancher en dessous duquel une mission n’est plus rentable.
La mécanique du calcul, étape par étape
Étape 1 — Partir du net cible
Tout commence par une décision personnelle : combien voulez-vous toucher chaque mois ? 3 000 €, 4 500 €, 6 000 € ? Ce chiffre est votre point de départ. Il doit couvrir vos charges de vie, votre épargne et votre marge de sécurité. Soyez honnête : un objectif sous-évalué vous condamne à accepter des missions mal payées.
Étape 2 — Reconstituer le brut
Pour obtenir un net, il faut un brut supérieur. En portage, le passage du brut au net retire les cotisations salariales (environ 22 %). On « remonte » donc votre net en le divisant par environ 0,78 pour retrouver le salaire brut correspondant.
Étape 3 — Ajouter les cotisations patronales
Sur ce brut s’ajoutent les cotisations patronales (environ 43 % du brut). C’est ce qu’on appelle le « coût employeur » : le montant que doit dégager votre chiffre d’affaires une fois les frais de gestion retirés. À ce stade, on connaît la part de CA qui doit rester après commission.
Étape 4 — Réintégrer les frais de gestion
La société de portage prélève sa commission avant tout le reste. Il faut donc « regonfler » le montant pour que, après déduction des frais de gestion, il reste exactement ce dont vous avez besoin. Avec une société « Zéro frais caché », cette commission est de 5 % (plafonnée à 650 €/mois), sans charge ni provision cachée. On obtient alors le chiffre d’affaires mensuel nécessaire.
Étape 5 — Diviser par vos jours facturables
Dernière opération : on divise ce CA par le nombre de jours que vous pouvez réellement facturer dans le mois. Le résultat est votre TJM minimum. Tout ce qui est facturé en dessous vous fait travailler à perte par rapport à votre objectif.
Pourquoi prévoir une marge sur votre TJM
Le TJM minimum est un plancher, pas un prix de vente. Dans la vraie vie, vous ne facturez jamais 22 jours par mois toute l’année. Il y a les congés, les jours fériés, les périodes d’intercontrat (entre deux missions), le temps de prospection et d’administration, et les imprévus (maladie, mission écourtée). C’est pourquoi le simulateur affiche deux TJM majorés :
- TJM confortable (+15 %) : il absorbe les congés et quelques jours non facturés. C’est le tarif à viser en rythme de croisière.
- TJM avec aléas (+25 %) : il intègre une période d’intercontrat réaliste et constitue une trésorerie de sécurité. C’est le bon réflexe en début d’activité ou sur un marché incertain.
Un TJM bien calibré n’est pas « cher » : il reflète la réalité d’un indépendant qui ne facture pas tous ses jours et qui doit lisser ses revenus sur l’année.
Se situer par rapport au marché
Une fois votre TJM minimum connu, confrontez-le aux prix du marché. Le TJM médian des freelances en France tourne autour de 430 €, avec des profils seniors au-delà de 600 € et des experts data, cloud ou cybersécurité qui dépassent 800 €. Si votre TJM minimum est nettement supérieur aux tarifs de votre métier, deux options : monter en compétences pour justifier le prix, ou ajuster votre objectif. À l’inverse, s’il est très inférieur, vous avez de la marge pour augmenter.
Consultez les fourchettes de TJM par métier pour vous positionner, puis vérifiez votre net réel avec le simulateur de salaire et planifiez vos jours avec le simulateur de temps de travail.
Négocier son TJM sans complexe
Connaître son TJM plancher change la posture en négociation. Vous ne dites plus « euh, disons 400 € ? » : vous savez précisément en dessous de quel prix la mission n’est plus viable, et vous pouvez le défendre avec des arguments chiffrés. C’est aussi un excellent filtre : une mission proposée sous votre plancher n’est pas une mauvaise nouvelle, c’est juste un client qui n’est pas pour vous. Le portage vous donne la liberté de dire non.